21 février 2014

Les CPAM contre l’AME… ?

Le droit

Il est simple, robuste, connu de tous, mais nécessite manifestement un double rappel :

  • Les étrangers en situation irrégulière résidant en France depuis plus de trois mois consécutifs peuvent accéder, sous conditions de ressources, à l’aide médicale d’État pour la prise en charge des frais que leur état de santé nécessite. Il leur faut en faire la demande auprès des caisses primaires d’assurance maladie qui gèrent le dispositif.
  • Par ailleurs, les relations entre les citoyens et les administrations, qui ont fait l’objet de nombreuses lois en France depuis plus de trente ans, reposent sur des règles assez simples : toute demande doit faire l’objet d’un accusé de réception, la demande d’AME comme toute autre demande. Et l’absence de réponse au delà de deux mois vaut rejet de la demande.

Le travers

Un certain nombre de caisses primaires d’assurance maladie, dont celle de Bobigny, ont diffusé une consigne aux termes de laquelle les demandes d’aide médicale d’État parvenues avant une certaine date, le 6 décembre en l’espèce pour la Seine-Saint-Denis, font toutes l’objet d’un refus implicite… alors qu’à l’évidence ce sont des rejets explicites. Pour une raison inavouable, que l’on se refuse à écrire, tellement elle est choquante et qui semble pouvoir s’énoncer comme suit : « On n’a eu ni le temps ni l’envie de traiter votre demande ».

Ladite consigne n’a évidemment pas été notifiée aux organismes sociaux, aux associations d’usagers du système de santé ni aux associations d’aide aux étrangers, et encore moins aux demandeurs eux-mêmes puisqu’on vous le dit « c’est implicite ».

La honte

Il est si facile d’adopter de telles attitudes face à des populations dont les conditions d’existence ne permettent évidemment pas la plus parfaite information sur leurs droits. Pourtant aucune règle du service public ne permet de considérer que, par nature, une catégorie de demandeurs n’a pas à être traitée avec les mêmes égards que les autres… au contraire et c’est tout le sens de l’égalité face aux services publics !

Comment accepter que ne soient pas affectés dans toutes les CPAM les personnels suffisants pour traiter les demandes d’aide médicale d’État ? Au moment où se négocie la convention d’objectifs et de gestion entre l’Assurance maladie et l’État, la garantie de délai de traitement des demandes d’AME doit y figurer. L’abandon des populations éligibles à l’AME ne peut pas être un choix de gestion. C’est à l’évidence une discrimination.

Le CISS et l’ODSE réclament la levée des consignes décidant du non-traitement de certaines demandes d’aide médicale d’Etat et la prise en compte effective de ces demandes.

Vendredi 21 février 2014

Signataires :

CISS (Collectif interassociatif sur la santé)

ODSE (Observatoire du droit à la santé des étrangers)

19 février 2014

Ne laissons pas le MEDEF nous la jouer à l'envers

Heuuu production by Goobi

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11 février 2014

Encore un enfant expulsé de Mayotte au mépris des droits fondamentaux

Combien de temps tout restera-t-il permis sous ces latitudes ?

 

S. a 14 ans. Il est arrivé à Mayotte en 2011 avec sa mère qui s’est vu accorder une protection au titre de l’asile. S., sa mère et ses cinq frères et sœur résident donc à Mayotte en toute légalité.

Dans la nuit du 23 au 24 janvier 2014, S. est interpellé par la police. Le 25 janvier il est expulsé au mépris du droit vers une autre île des Comores où il est désormais isolé et en danger. La police et l’administration l’ont considéré comme majeur et sans droit au séjour, bien que sa mère ait apporté au commissariat et à la préfecture toutes les preuves nécessaires.

L’affaire est grave et provoquerait un scandale en métropole. Mais à Mayotte ces pratiques sont courantes. Le droit d’asile, l’intérêt supérieur de l’enfant, le droit au respect de la vie familiale ont été allègrement piétinés.

Saisi en référé, le tribunal administratif de Mayotte a reconnu l’existence de ces graves atteintes. Mais il s’est borné à exiger du préfet de Mayotte qu’il demande au consulat de France aux Comores de délivrer « dès que possible » une autorisation pour le retour de S. (TA de Mayotte, 30 janvier 2014, n° 1400047). La mère de l’enfant a fait appel de cette décision devant le Conseil d’État, afin que ce retour soit organisé « dans les plus brefs délais ».
La Cimade et le Gisti se sont portés intervenants volontaires à ses côtés. L’audience se tiendra le mercredi 12 février à 10h.

Au-delà des pratiques de la préfecture, c’est le droit applicable aux étrangers à Mayotte qui est en cause. Mis au ban de la République, ils y sont soumis à un droit d’exception qui ouvre la porte aux violations de leurs droits fondamentaux.

Le gouvernement s’apprête à réformer ce droit, mais le projet d’ordonnance, déjà bien avancé, prévoit le maintien de ces dérogations liberticides.

Le Gisti et La Cimade appellent le gouvernement à aligner le droit en vigueur à Mayotte sur celui qui s’applique en Métropole.

11 février 2014

Organisations signataires :

La Cimade
  • Le Gisti

03 février 2014

VALLS LEGITIME LA POLITIQUE PASSEE DE SARKOZY, LA POURSUIT POUR LE PRESENT ET CAUTIONNE PAR AVANCE LES FUTURES MESURES DE LA DROITE

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Prolongeant la tradition de ses prédécesseurs, Hortefeux, Besson et Guéant, Manuel Valls a présenté le 31 janvier le bilan de sa politique en matière d’immigration : 27 000 expulsions en 2013 contre 36 000 en 2012 et 46 000 régularisations, soit 10 000 de plus que l’année précédente. Des chiffres qui pourraient refléter, non pas un sens accru de l’humanité, il ne faut pas exagérer, mais disons un moindre acharnement dans la brutalité.

Il n’en est pourtant rien, selon Valls. Rien ne serait plus faux que d’imputer ces résultats à de quelconques scrupules de ceux qui sont chargés de l’immigration à son cabinet, Thomas Andrieu et Raphaël Sodini. Au contraire !  A en croire M. Valls, la diminution du nombre des expulsions n’est qu’apparente car Guéant et les autres gonflaient les chiffres en y incluant les retours « volontaires », en particulier ceux des Roumains et des Bulgares percevant une « aide au retour » que Valls a supprimée.

En réalité, se félicite le ministre de gauche ( ?) « le chiffre des retours dits contraints[1] en métropole en 2013 sera supérieur au chiffre constaté en 2007, 2008, 2009, 2010 et 2011 ». Hortefeux, Besson, Guéant petits bras ! Le Bébert, c’est Manu qui, à l’en croire aurait battu ses minables prédécesseurs de 2% !

Cette bataille de chiffres pour revendiquer le titre de champion de l’expulsion est odieuse. Chacune des expulsions est une existence stoppée net, au hasard d’un contrôle. C’est une garde à vue, un emprisonnement jusqu’à 45 jours dans un centre de rétention, un embarquement parfois très violent, ligoté de la tête aux pieds et bâillonné. C’est aussi la perte de son logement, de son travail, de tous ses biens accumulés. C’est enfin une humiliation dont on ne se remet parfois pas. L’Association des Maliens expulsés (AME) rapporte que les expulsés finissent mendiants, fous ou suicidés. On a honte de voir les ministres de l’Intérieur de la République française polémiquer pour revendiquer la place de premier expulseur.

Que Manuel Valls décroche ou pas ce titre n’est pas le plus grave, sauf peut-être pour son ego. Cette attitude aboutit à occulter les quelques mesures positives prises par le gouvernement : la forte diminution du placement des familles en rétention, l’abrogation de la circulaire Guéant interdisant aux étudiants étrangers de travailler à la fin de leurs études, la remontée du nombre des naturalisations (-40% sous Guéant, +14% sous Valls) ou encore le fait que les discours des ministres ne comportent plus les allusions xénophobes ou racistes à la Hortefeux ou Guéant.

Mais c’est à ancrer dans l’opinion l’idée que si des aménagements à la marge sont possibles et si les discours peuvent changer, la réalité de la politique, les faits et les chiffres demeurent. Que le gouvernement soit de droite ou de gauche, il n’est qu’une seule politique possible en matière d’immigration : celle du moins de régularisations possible et des expulsions par milliers ou dizaines de milliers initiée par Sarkozy et fièrement poursuivie par Valls !

C’est légitimer la politique de Sarkozy pour le passé, la poursuivre pour le présent et cautionner par avance les mesures plus terribles encore que prendra la droite pain au chocolat revenue au pouvoir. Les responsable de droite ont seriné des années durant la phrase de Michel Rocard « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde » en occultant la seconde partie « mais elle doit en prendre toute sa part ». Il y a gros à parier que les ministres d’un futur gouvernement de droite très à droite répèteront « Comme le disait très justement Manuel Valls, il faut faire le moins possible de régularisations et les plus possible d’expulsions » ou, « Comme le disait M. Valls, le regroupement familial n’est pas un tabou » ou « Les Roms ne sont pas intégrables ». C’est irresponsable.

Il est temps, vraiment, que la politique du gouvernement en matière d’immigration change, en profondeur et vite. Pour le présent et pour l’avenir. Et si le gouvernement ne s’y résolvait pas, que se fassent entendre haut et clair, à gauche, dans la majorité, aussi au parti socialiste et ses élus et, pourquoi pas, parmi les ministres,  les voix de celles et ceux qui n’acceptent pas que leurs idées soient dévoyées.

Contact :   Richard Moyon 06 12 17 63 81



[1] On appréciera au passage la distinction de l’expression « retours dits contraints » pour désigner un acte aussi odieux qu’une expulsion.

samedi 1er février 2014.

31 janvier 2014

NOUS DEMANDONS, EN URGENCE, UN AUDIT DE PÔLE EMPLOI

 
 Rose-Marie Pechallat
      Rosecelavi
    06.20.32.30.60
www.recours-radiation.fr

COMMUNIQUE DE PRESSE

NOUS DEMANDONS, EN URGENCE, UN AUDIT DE PÔLE EMPLOI

Las de répondre à des centaines de demandeurs d'emploi pour leur expliquer comment se défendre face aux carences de gestion de Pôle Emploi et à ses méthodes inhumaines et illégales, connues de tous.. Nous exigeons qu'un audit de cette institution soit effectué au plus vite.

Notre forum ne désemplit pas, et les messages laissés par les demandeurs sont là pour témoigner de la violence de cette institution qui bafoue quotidiennement les droits fondamentaux des chômeurs. Aujourd'hui encore nous recevons un mail de, Mme A. dont le titre fait froid dans le dos : Descente aux enfers.  

Voilà son histoire :

Elle a 27 ans, elle est infirmière. Elle travaille très régulièrement. Elle totalise un nombre d'heures largement suffisant pour être indemnisable. Problème, une de ces attestations employeurs d'une durée d'à peine un mois et demi, remontant à 2012, est refusée par Pôle Emploi, elle ne serait pas "conforme" (ce type de rejet est courant).

Toutes les relances effectuées auprès de son ex employeur, en recommandé avec accusé de réception n'ont eu aucun effet. Elle a effectué un référé au Tribunal des Prud'hommes. 

En attendant, son inscription remonte à août 2013, sa demande d'indemnisation, à la même période, et Pôle Emploi refuse toujours de l'indemniser.

Pourtant, il relève de la responsabilité de Pôle Emploi de s'adresser à l'employeur pour exiger cette attestation  et de l'informer des sanctions qu'il encourt, en application des dispositions du code du travail.

Pourtant, Pôle Emploi pourrait décider de neutraliser cette période et effectuer un calcul provisoire à partir des autres périodes de travail qui ouvrent droit à indemnisation. Cela s'appelle dans le "jargon Pôle Emploi" : "une liquidation en l'état" (cf. annexe 1 Instruction des demandes d'allocations et notification des décisions). En refusant de l'indemniser Pôle Emploi porte atteinte à ses droits fondamentaux.

Mais si Pôle Emploi fait de la résistance abusive pour indemniser cette jeune femme, il ne reste pas complètement inactif sur son dossier. Participant à cette mission oh combien prioritaire : la chasse aux 812 000 millions de trop perçus (dont la majorité est fabriqué de toutes pièces par leur gestion catastrophique), l'agence de Mitry Mory ou plus grave, le service contentieux, confie la somme à recouvrer à un cabinet d'huissiers : 690,94 euros (qui remonterait à 2011), sans en informer la principale intéressée : Madame A, sans répondre à ces nombreux courriers, à ses appels au 3949, à ses réclamations au guichet. Un entretien avec le Directeur de l'agence est resté sans suite. Pôle Emploi répond absent, seuls les huissiers donnent de leurs nouvelles et ne la lâchent plus. 

En toute illégalité, puisque aucun jugement n'a délivré d'injonction de payer, et que l'huissier ne possède aucun titre exécutoire.

De plus, une partie importante de cette dette, si dette il y a, a déjà été prélevée sur les indemnités de la jeune femme en 2012, soit 414 euros. L'agence ayant effectué cette opération lui a fourni un justificatif. Preuve en main, elle demande à l'huissier d'arrêter de la harceler de lettre, mails, sms. Mais l'huissier, après avoir pris contact avec Pôle Emploi, persiste.

Elle a envoyé des courriers partout : syndicats, associations,  Ministère, Défenseur des Droits, Médiateur National  etc.. ELLE CRAQUE !

La réponse de la médiation nationale l'informe que son dossier sera traité par la médiation régionale:

"J'accuse réception de votre mail d'hier, qui fait suite à vos courriers des 8 et 23 janvier.

Compte tenu de son objet, votre dossier va être traité par le médiateur de Pôle emploi Ile-de-France,

Monsieur Marc Carmignac
Pôle emploi, Direction Régionale
Immeuble Pluton
3, rue Galilée93884 Noisy-le-Grand Cedex

mediateur.idf@pole-emploi.fr

Après avoir procédé à l'examen de votre réclamation, il vous informera directement de la suite qui peut lui être réservée. J'en serai également informé.

Je dois aussi vous préciser que, compte tenu de la surcharge actuelle de ce service, un délai de réponse de deux à trois semaines est prévisible. Ceci explique sans doute que vous n'ayez pas encore eu de suites à vos courriers postaux. Je signale cependant votre attente et l'urgence de votre situation."

Si dette il y a, il va falloir que Pôle Emploi la justifie, et la démontre.

En attendant, Pôle Emploi a une dette envers cette jeune femme : environ 5 mois d'indemnisation et il n'est pas question qu'elle attende trois semaines.

Nous proposons à tous ceux qui défendent l'intérêt des chômeurs de s'associer à notre demande relative à la mise en place, EN URGENCE,  D'UN AUDIT DE POLE EMPLOI

29 janvier 2014

Comment les députés ont utilisé les 81,6 millions d'euros mis à leur disposition

Sur le site de l'Assemblée National : la répartition...

... et particulièrement pour Hervé Mariton

 

25 janvier 2014

Non à la régression des droits des femmes en Espagne et ailleurs !

La liberté face à l’obscurantisme !

2014 : pour nos droits, pour nos choix !

Les féministes espagnoles organisent une manifestation à Madrid le 1er février

Mobilisons nous pour les soutenir

Manifestons partout ensemble SAMEDI 1° FEVRIER

14h – Paris - Place Joffre (École Militaire) jusqu’à l’Ambassade d’Espagne

20 décembre 2013, le gouvernement espagnol Rajoy veut annuler la loi autorisant l’avortement, rappelant les sombres heures du franquisme.

Il revient sur la loi obtenue en 2010 qui légalisait l’avortement jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée (22 pour raison médicale) au mépris des recommandations des textes internationaux de l'Organisation Mondiale de la Santé et de l’Organisation des Nations Unies.

Renouant avec des pratiques qui dénient la liberté de choix aux femmes au mépris des droits humains fondamentaux, il annonce clairement son projet de société : maintenir les femmes dans un statut social étroit et de soumission.

Cette attaque du gouvernement espagnol s’inscrit dans l’offensive européenne des opposants aux droits des femmes comme l’a illustré en décembre 2013 le rejet du rapport Estrela par le Parlement européen (rapport sur la santé et les droits reproductifs traitant de l'accès aux contraceptifs et à l'avortement, de la procréation médicalement assistée, de l'éducation sexuelle et de la liberté de conscience). Ce rapport proposait que l'avortement soit de la compétence de l'Union européenne, encourageant ainsi tous les états membres à l'autoriser.

Ce refus d’accepter le droit des femmes à disposer de leur corps, cette persistance à les considérer comme des sous citoyennes incapables de décider par elles-mêmes désigne l’enjeu : quelle société voulons-nous ?

Le combat des femmes, des forces démocratiques et associatives espagnoles pour ce droit fondamental est le nôtre, et nous le soutiendrons ici et ailleurs car il est le combat de celles et ceux qui veulent l’égalité entre les femmes et les hommes.

Il rejoint les luttes que nous avons menées et que nous continuons à mener dans notre pays. Car, si le droit à l'avortement est bien inscrit dans la loi française, la concrétisation du droit à travers des centres d'avortement nombreux, permettant un accueil et des soins de qualité, n'est toujours pas assurée de manière satisfaisante dans toutes les régions.

C'est aussi un soutien à toutes les femmes obligées de se rendre dans une autre région ou dans un autre pays parce que là où elles vivent l'accès à l’avortement est difficile, voire interdit.

Nous appelons à :

- Lutter pour une Europe où toutes les femmes pourraient disposer librement de leur corps sans contrainte étatique et religieuse, et qui intègre ces droits à la Charte européenne des droits fondamentaux ;

- Soutenir le combat des femmes espagnoles pour conserver l’acquis qu’elles ont gagné de haute lutte.

Non à l'ordre moral qui veut gérer nos vies,

Oui à nos droits, tous nos droits et à la liberté de choix d'avoir un enfant ou non

Premiers signataires : ANCIC, CADAC, Collectif Tenon XXe, Mouvement Planning Familial confédéral, 40 ans de mouvement, 
APEL-Egalité, Association Droits des Femmes XXème, Association pour la Mixité l’Egalité La LaÏcité, Association Nationale des Études Féministes, Association Nationale Sages-Femmes Orthogénistes, Collectif 8 mars pour toutes, Collectif Oui oui oui, 
Collectif National pour les Droits des Femmes
, Collectif de Pratique et de Réflexion Féministe Rupture, 
Comité Laïcité République, Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes, 
Coordination lesbienne en France, Comité Femmes Manche 50, Demain les femmes(sud77), 
Du Côté des femmes, 
Encore Féministes, 
Elu/es Contre les Violences faites aux Femmes, Femm’Ecolos, 
Femmes pour le Dire Femmes pour Agir, 
Fédération Régionale d’IDF du Planning Familial, Féminisme enjeux Théâtre de l’opprimé, 
Féminisme et géopolitique, Féministes pour une Autre Europe, Femmes en Résistance, Femmes Solidaires, FièrEs, La Grande Loge Féminine de France, L'Assemblée des Femmes, Les efFRONTé-e-s, 
Lesbiennes of Color, Ligue du droit international des Femmes, 
Maison des Femmes de Montreuil, Maison des Femmes de Paris, Marche Mondiale des Femmes France, Mouvement du Nid, Osez le Féminisme, Regards de femmes, 
Réseau Féministe Rupture, Réseau de Jeunes Féministes d’Europe MMF, 
Solidarité féministe, Attac
, CNAFAL, Coordination Nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, FASTI, Fondation Copernic, Groupe Cadre de vie, l'Inter-LGBT, CAP21, Hétéros au boulot, Le Long Yang Club Paris, 
LGBT Formation Avignon, Les Enfants d'Arc-en-Ciel - Ligue des Droits de l’Homme, Marea Granate Paris, Médecins du Monde, Les Soeurs de La Perpetuelle Indulgence, Union des Famille Laïques, LMDE, Confédération Générale du Travail, Fédération Syndicale Unitaire, 
Syndicat général des lycéens, UNEF, Union Syndicale Solidaires, UL-CGT 20, Alternative Libertaire, Ensemble, Europe Ecologie Les Verts, Gauche Unitaire, Izquierda Anticapitalista (Espagne), Les Jeunes Écologistes, Lutte Ouvrière, Mouvement des Jeunes Communistes Français, Mouvement Jeunesses Socialistes, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, Parti Socialiste, Union des Étudiants Communistes…

Parce que je décide - Porque yo decido

Texte écrit par Alicia Miyares qui sera remis le 1er février à Madrid au Congrès des députés, au chef du gouvernement, au président du Congrès , à la Ministre Ana Mato, au Ministre Alberto Ruiz Gallardón et aux différents groupes du Congrès.

Parce que je décide, à partir de l'autonomie morale qui est la base de la dignité de toute personne, je n'accepte aucune obligation ou interdiction concernant mes droits sexuels et reproductifs et, en conséquence, aucune entrave à ma totale réalisation en tant que personne. En tant qu'être humain autonome, je refuse d'être soumise à des traitements dégradants, à des ingérences arbitraires et à des tutelles coercitives dans ma décision d'être ou de ne pas être mère.

Parce que je suis libre, j'invoque la liberté de conscience en tant que bien suprême comme fondement de mes choix. Je qualifie de cyniques ceux qui en appellent à la liberté pour la restreindre, et de malveillants ceux qui, sans se soucier de la souffrance causée, veulent imposer à tous leurs principes de vie basés sur des révélations divines. En tant qu'être humain libre, je refuse d'accepter une maternité forcée et un régime de tutelle qui condamne les femmes « à la minorité d'âge sexuel et reproductif ».

Parce que je vis en démocratie, et que je suis une démocrate, j accepte les règles du jeu qui séparent les droits relatifs au péché et à la loi religieuse. Aucune majorité politique issue des urnes, aussi absolue soit-elle, n’est légitime pour transformer les droits en délit et nous obliger à suivre des principes religieux sous peine de sanction pénale. En tant que citoyenne, j'exige de ceux qui nous gouvernent qu'ils ne transforment pas le pouvoir démocratique, sauvegarde de la pluralité, en despotisme.

Parce que je décide, parce que je suis libre et parce que je vis en démocratie, j'exige du gouvernement quel qu'il soit qu'il promulgue des lois favorisant l'autonomie morale, préservant la liberté de conscience et garantissant la pluralité et la diversité des intérêts.

Parce que je décide, parce que je suis libre et parce que je vis en démocratie, j'exige que soit conservée l'actuelle « Loi de santé sexuelle et reproductive et d'IVG » pour favoriser l'autonomie morale, préserver la liberté de conscience et garantir la pluralité des intérêts de toutes les femmes.

19 janvier 2014

Réponse aux réacs qui voudraient remettre en cause l'IVG

Voici le "manifeste des 343 salopes" qui ont le courage de dire "Je me suis fait avorter". Manifeste paru dans dans le Nouvel Observateur n°334 du 5 avril 1971.

Un million de femmes se font avorter chaque année en France.

Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples.
On fait le silence sur ces millions de femmes.
Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté.
De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l’avortement libre.

Avortement

Mot qui semble exprimer et limiter une fois pour toutes le combat féministe. Être féministe, c’est lutter pour l’avortement libre et gratuit.
Avortement
C’est une affaire de bonnes femmes, quelque chose comme la cuisine, les langes, quelque chose de sale. Lutter pour obtenir l’avortement libre et gratuit, cela a l’air dérisoire ou mesquin. Toujours cette odeur d’hôpital ou de nourriture, ou de caca derrière les femmes.
La complexité des émotions liées à la lutte pour l’avortement indique avec précision notre difficulté d’être, le mal que nous avons à nous persuader que cela vaut le coup de se battre pour nous.
Il va de soi que nous n’avons pas comme les autres êtres humains le droit de disposer de notre corps. Pourtant notre ventre nous appartient.
L’avortement libre et gratuit n’est pas le but ultime de la lutte des femmes. Au contraire il ne correspond qu’à l’exigence la plus élémentaire, ce sans quoi le combat politique ne peut même pas commencer. Il est de nécessité vitale que les femmes récupèrent et réintègrent leur corps. Elles sont cellesde qui la condition est unique dans l’histoire : les êtres humains qui, dans les sociétés modernes, n’ont pas la libre disposition de leur corps. Jusqu’à présent, seuls les esclaves ont connu cette condition.
Le scandale persiste. Chaque année 1 500 000 femmes vivent dans la honte et le désespoir. 5 000 d’entre nous meurent. Mais l’ordre moral n’en est pas bousculé. On voudrait crier.
L’avortement libre et gratuit c’est :
cesser immédiatement d’avoir honte de son corps, être libre et fière dans son corps comme tous ceux qui jusqu’ici en ont eu le plein emploi ;
ne plus avoir honte d’être une femme.
Un ego qui fout le camp en petits morceaux, c’est ce qu’éprouvent toutes les femmes qui doivent pratiquer un avortement clandestin ; être soi à tout moment, ne plus avoir cette crainte ignoble d’être “ prise ”, prise au piège, d’être double et impuissante avec une espèce de tumeur dans le ventre ; un combat enthousiasmant, dans la mesure où, si je le gagne, je commence seulement à m’appartenir en propre et non plus à l’Etat, à une famille, à un enfant dont je ne veux pas ; une étape pour parvenir au contrôle complet de la production des enfants. Les femmes comme tous les : autres producteurs ont de fait le droit absolu au contrôle de toutes leurs productions. Ce contrôle implique un changement radical des structures mentales des femmes et un changement non moins radical des structures de la société.
1. Je ferai un enfant si j’en ai envie, nulle pression morale, nulle institution, nul impératif économique ne peut m’y contraindre. Cela est mon pouvoir politique. Comme tout producteur, je peux, en attendant mieux, faire pression sur la société à travers ma production (grève d’enfants).
2. Je ferai un enfant si j’en ai envie et si la société dans laquelle je le fais naître est convenable pour moi, si elle ne fait pas de moi l’esclave de cet enfant, sa nourrice, sa bonne, sa tête de Turc.
3. Je ferai un enfant si j’en ai envie, si la société est convenable pour moi et convenable pour lui, j’en suis responsable, pas de risques de guerres, pas de travail assujetti aux cadences.

Non à la liberté surveillée
La bataille qui s’est engagée autour de l’avortement se passe au-dessus de la tête des principales intéressées, les femmes. La question de savoir si la loi doit être libéralisée, la question de savoir quels sont les cas où l’on peut se permettre l’avortement, en bref la question de l’avortement thérapeutique ne nous intéresse pas parce qu’elle ne nous concerne pas.

L’avortement thérapeutique exige de “ bonnes ” raisons pour avoir la “ permission ” d’avorter. En clair cela signifie que nous devons mériter de ne pas avoir d’enfants. Que la décision d’en avoir ou pas ne nous appartient pas plus qu’avant.
Le principe reste qu’il est légitime de forcer les femmes à avoir des enfants.
Une modification de la loi, en permettant des exceptions à ce principe, ne ferait que le renforcer. La plus libérale des lois réglementerait encore l’usage de notre corps. L’usage de notre corps n’a pas à être réglementé. Nous ne voulons pas des tolérances, des bribes de ce que les autres humains ont de naissance : la liberté d’user de leur corps comme ils l’entendent. Nous nous opposons autant à la loi Peyret ou au projet A.N.E.A. qu’à la loi actuelle comme nous nous opposerons à toute loi qui prétendra régler d’une façon quelconque notre corps. Nous ne voulons pas une meilleure loi, nous voulons sa suppression pure et simple. Nous ne demandons pas la charité, nous voulons la justice. Nous sommes 27 000 000 rien qu’ici. 27 000 000 de “ citoyennes ” traitées comme du bétail.
Aux fascistes de tout poil — qu’ils s’avouent comme tels et nous matraquent ou qu’ils s’appellent catholiques, intégristes, démographes, médecins, experts, juristes, “ hommes responsables ”, Debré, Peyret, Lejeune, Pompidou, Chauchard, le pape — nous disons que nous les avons démasqués.
Que nous les appelons les assassins du peuple. Que nous leur interdisons d’employer le terme “ respect de la vie ” qui est une obscénité dans leur bouche. Que nous sommes 27 000 000. Que nous lutterons jusqu’au bout parce que nous ne voulons rien de plus que notre dû : la libre disposition de notre corps.

Les dix commandements de l’Etat bourgeois
Fœtus plutôt qu’être humain choisiras quand cet être humain est femelle.

Femme point n’avortera tant que Debré réclamera 100 millions de Français.
100 millions de Français tu auras, tant que ça ne te coûte rien.
Particulièrement sévère seras avec femelles pauvres ne pouvant aller en Angleterre.
Ainsi volant de chômage tu auras pour faire plaisir à tes capitalistes.
Très moraliste tu seras, car Dieu sait ce que “ nos ” femmes feraient si libres.
Fœtus tu préserveras, car plus intéressant de les tuer à 18 ans, âge de la conscription.
Grand besoin tu en auras car politique impérialiste tu poursuivras.
Toi-même contraception utiliseras, pour envoyer rares enfants à Polytechnique ou l’E.N.A. parce qu’appartement 10 pièces seulement.
Quant aux autres, pilule dénigreras, car il ne manquerait plus que ça.

Signatures
:

J. Abba-Sidick
Janita Abdalleh
Monique Anfredon
Catherine Arditi
Maryse Arditi
Hélène Argellies
Françoise Arnoul
Florence Asie
Isabelle Atlan
Brigitte Auber
Stéphane Audran
Colette Audry
Tina Aumont
L. Azan
Jacqueline Azim
Micheline Baby
Geneviève Bachelier
Cécile Ballif
Néna Baratier
D. Bard
E. Bardis
Anna de Bascher
C. Batini
Chantal Baulier
Hélène de Beauvoir
Simone de Beauvoir
Colette Bec
M. Bediou
Michèle Bedos
Anne Bellec
Lolleh Bellon
Edith Benoist
Anita Benoit
Aude Bergier
Dominique Bernabe
Jocelyne Bernard
Catherine Bernheim
Nicole Bernheim
Tania Bescomd
Jeannine Beylot
Monique Bigot
Fabienne Biguet
Nicole Bize
Nicole de Boisanger
Valérie Boisgel
Y. Boissaire
Silvina Boissonnade
Martine Bonzon
Françoise Borel
Ginette Bossavit
Olga Bost
Anne-Marie Bouge
Pierrette Bourdin
Monique Bourroux
Bénédicte Boysson-Bardies
M. Braconnier-Leclerc
M. Braun
Andrée Brumeaux
Dominique Brumeaux
Marie-Françoise.Brumeaux
Jacqueline Busset
Françoise De Camas
Anne Camus
Ginette Cano
Ketty Cenel
Jacqueline Chambord
Josiane Chanel
Danièle Chinsky
Claudine Chonez
Martine Chosson
Catherine Claude
M.-Louise, Clave
Françoise Clavel
Iris Clert
Geneviève Cluny
Annie Cohen
Florence Collin
Anne Cordonnier
Anne Cornaly
Chantal Cornier
J. Corvisier
Michèle Cristofari
Lydia Cruse
Christiane Dancourt
Hélène Darakis
Françoise Dardy
Anne-Marie Daumont
Anne Dauzon
Martine Dayen
Catherine Dechezelle
Marie Dedieu
Lise Deharme
Claire Delpech
Christine Delphy
Catherine Deneuve
Dominique Desanti
Geneviève Deschamps
Claire Deshayes
Nicole Despiney
Catherine Deudon
Sylvie Dlarte
Christine Diaz
Arlette Donati
Gilberte Doppler
Danièle Drevet
Evelyne Droux
Dominique Dubois
Muguette Dubois
Dolorès Dubrana
C. Dufour
Elyane Dugny
Simone Dumont
Christiane Duparc
Pierrette Duperray
Annie Dupuis
Marguerite Duras
Françoise d’Eaubonne
Nicole Echard
Isabelle Ehni
Myrtho Elfort
Danièle El-Gharbaoui
Françoise Elie
Arlette Elkaim
Barbara Enu
Jacqueline d’Estree
Françoise Fabian
Anne Fabre-Luce
Annie Fargue
J. Foliot
Brigitte Fontaine
Antoinette Fouque-Grugnardi
Eléonore Friedmann
Françoise Fromentin
J. Fruhling
Danièle Fulgent
Madeleine Gabula
Yamina Gacon
Luce Garcia-Ville
Monique Garnier
Micha Garrigue
Geneviève Gasseau
Geneviève Gaubert
Claude Genia
Elyane Germain-Horelle
Dora Gerschenfeld
Michèle Girard
F. Gogan
Hélène Gonin
Claude Gorodesky
Marie-Luce Gorse
Deborah Gorvier
Martine Gottlib
Rosine Grange
Rosemonde Gros
Valérie Groussard
Lise Grundman
A. Guerrand-Hermes
Françoise de Gruson
Catherine Guyot
Gisèle Halimi
Herta Hansmann
Noëlle Henry
M. Hery
Nicole Higelin
Dorinne Horst
Raymonde Hubschmid
Y. Imbert
L. Jalin
Catherine Joly
Colette Joly
Yvette Joly
Hemine Karagheuz
Ugne Karvelis
Katia Kaupp
Nenda Kerien
F. Korn
Hélène Kostoff
Marie-Claire Labie
Myriam Laborde
Anne-Marie Lafaurie
Bernadette Lafont
Michèle Lambert
Monique Lange
Maryse Lapergue
Catherine Larnicol
Sophie Larnicol
Monique Lascaux
M.-T. Latreille
Christiane Laurent
Françoise Lavallard
G. Le Bonniec
Danièle Lebrun
Annie Leclerc
M.-France Le Dantec
Colette Le Digol
Violette Leduc
Martine Leduc-Amel
Françoise Le Forestier
Michèle Leglise-Vian
M. Claude Lejaille
Mireille Lelièvre
Michèle Lemonnier
Françoise Lentin
Joëlle Lequeux
Emmanuelle de Lesseps
Anne Levaillant
Dona Levy
Irène Lhomme
Christine Llinas
Sabine Lods
Marceline Loridan
Edith Loser
Françoise Lugagne
M. Lyleire
Judith Magre
C. Maillard
Michèle Manceaux
Bona de Mandiargues
Michèle Marquais
Anne Martelle
Monique Martens
Jacqueline Martin
Milka Martin
Renée Marzuk
Colette Masbou
Cella Maulin
Liliane Maury
Edith Mayeur
Jeanne Maynial
Odile du Mazaubrun
Marie-Thérèse Mazel
Gaby Memmi
Michèle Meritz
Marie-Claude Mestral
Maryvonne Meuraud
Jolaine Meyer
Pascale Meynier
Charlotte Millau
M. de Miroschodji
Geneviève Mnich
Ariane Mnouchkine
Colette Moreau
Jeanne Moreau
Nellv Moreno
Michèle Moretti
Lydia Morin
Mariane Moulergues
Liane Mozere
Nicole Muchnik
C. Muffong
Véronique Nahoum
Eliane Navarro
Henriette Nizan
Lila de Nobili
Bulle Ogier
J. Olena
Janine Olivier
Wanda Olivier
Yvette Orengo
Iro Oshier
Gege Pardo
Elisabeth Pargny
Jeanne Pasquier
M. Pelletier
Jacqueline Perez
M. Perez
Nicole Perrottet
Sophie Pianko
Odette Picquet
Marie Pillet
Elisabeth Pimar
Marie-France Pisier
Olga Poliakoff
Danièle Poux
Micheline Presle
Anne-Marie Quazza
Marie-Christine Questerbert
Susy Rambaud
Gisèle Rebillion
Gisèle Reboul
Arlette Reinert
Arlette Repart
Christiane Ribeiro
M. Ribeyrol
Delya Ribes
Marie-Françoise Richard
Suzanne Rigail-Blaise
Marcelle Rigaud
Laurence Rigault
Danièle Rigaut
Danielle Riva
M. Riva
Claude Rivière
Marthe Robert
Christiane Rochefort
J. Rogaldi
Chantal Rogeon
Francine Rolland
Christiane Rorato
Germaine Rossignol
Hélène Rostoff
G. Roth-Bernstein
C. Rousseau
Françoise Routhier
Danièle Roy
Yvette Rudy
Françoise Sagan
Rachel Salik
Renée Saurel
Marie-Ange Schiltz
Lucie Schmidt
Scania de Schonen
Monique Selim
Liliane Sendyke
Claudine Serre
Colette Sert
Jeanine Sert
Catherine de Seyne
Delphine Seyrig
Sylvie Sfez
Liliane Siegel
Annie Sinturel
Michèle Sirot
Michèle Stemer
Cécile Stern
Alexandra Stewart
Gaby Sylvia
Francine Tabet
Danièle Tardrew
Anana Terramorsi
Arlette Tethany
Joëlle Thevenet
Marie-Christine Theurkauff
Constance Thibaud
Josy Thibaut
Rose Thierry
Suzanne Thivier
Sophie Thomas
Nadine Trintignant
Irène Tunc
Tyc Dumont
Marie-Pia Vallet
Agnès Van-Parys
Agnès Varda
Catherine Varlin
Patricia Varod
Cleuza Vernier
Ursula Vian-Kubler
Louise Villareal
Marina Vlady
A. Wajntal
Jeannine Weil
Anne Wiazemsky
Monique Wittig
Josée Yanne
Catherine Yovanovitch
Annie Zelensky

La liste de signatures est un premier acte de révolte. Pour la première fois, les femmes ont décidé de lever l’interdit qui pèse sur leur ventre : des femmes du Mouvement de Libération des Femmes, du Mouvement pour la Liberté de l’Avortement, des femmes qui travaillent, des femmes au foyer.
Au Mouvement de Libération des Femmes, nous ne sommes ni un parti, ni une organisation, ni une association, et encore moins leur filiale féminine. Il s’agit là d’un mouvement historique qui ne groupe pas seulement les femmes qui viennent au M.L.F., c’est le mouvement de toutes les femmes qui, là où elles vivent, là où elles travaillent, ont décidé de prendre en main leur vie et leur libération.
Lutter contre notre oppression c’est faire éclater toutes les structures de la société et, en particulier, les plus quotidiennes. Nous ne voulons aucune part ni aucune place dans cette société qui s’est édifiée sans nous et sur notre dos.
Quand le peuple des femmes, la partie à l’ombre de l’humanité, prendra son destin en main, c’est alors qu’on pourra parler d’une révolution.
Un Mouvement pour la Liberté de l’Avortement s’est constitué, qui regroupe toutes celles et ceux qui sont prêts à lutter jusqu’au bout pour l’avortement libre. Ce mouvement a pour but de susciter des groupes de quartier et d’entreprise, de coordonner une campagne d’explication et d’information, de se transformer en mouvement de masse seul capable d’imposer notre droit à disposer de nous-mêmes.